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TGV, carburants durables : la Commission européenne veut décarboner le transport à toute vitesse


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Connecter les principales capitales européennes par le train d'ici 2040 et investir dans la production de carburants "propres" pour le transport maritime et aérien : si les objectifs sont louables, le plan ne convainc pas tout le monde.

Berlin-Copenhague en 4 heures de train (au lieu de 7 actuellement) et Sofia-Athènes en 6 heures (au lieu de... près de 14 heures actuellement) d'ici à 2040 : c'est l'une des promesses faites par la Commission européenne dans un récent communiqué sur l'adoption du “paquet transports”. Elle propose aussi de nouvelles liaisons transfrontalières telles que Paris-Lisbonne via Madrid, ainsi qu'entre les capitales des pays baltes. S'appuyant sur le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) ce plan doit rendre le train plus attractif face à l'avion et diminuer ainsi les émissions liées au transport de voyageurs et de marchandises.

Pas moins de 550 milliards d'euros seront nécessaires pour mener à bien ce chantier. Pour ce faire, la Commission propose quatre pistes : "supprimer les goulets d'étranglement transfrontaliers", "élaborer une stratégie de financement coordonnée (...) conduisant à un accord ferroviaire à grande vitesse afin de mobiliser les investissements nécessaires", "améliorer les conditions permettant au secteur ferroviaire (...) d'investir (...) notamment grâce à un environnement réglementaire plus attrayant", et "renforcer la gouvernance au niveau de l'UE".

Un train de retard ?

C'est flou? Plus concrètement, le secteur privé serait mis à contribution, la vitesse minimale des TGV pourrait être relevée à 250 km/h dans certains cas et l'achat de billets dans toute l'Europe devrait être simplifié. Le plan laisse néanmoins sceptique l'expert du transport ferroviaire Jon Worth.

"La Commission croit que les États membres et l'industrie ferroviaire sont prêts à construire des dizaines de lignes à grande vitesse, et que seul le financement fait défaut", cingle-t-il sur son blog. "Or (..) la volonté politique de mener à bien des projets d'envergure est loin d'être manifeste dans les États membres. La situation est globalement plus tendue que ne le laisse entendre la Commission. (...) Le plan reste une liste de souhaits. (...) Quatre ans de travail pour un résultat aussi maigre : voilà qui en dit long sur l'état des chemins de fer européens !"

Carburants synthétiques.

Pour décarboner le transport aérien et maritime, plus difficiles à électrifier que le terrestre, l'Union européenne ambitionne de produire 20 millions de tonnes de carburants durables d'ici 2035, ce qui nécessite de mobiliser pas moins de 100 milliards d'euros. Pour l'instant, la Commission annonce un investissement modeste de 2,9 milliards d'euros d'ici à 2027.

Principal financeur, le programme européen InvestEU mettra 2 milliards d'euros sur la table pour soutenir les "carburants alternatifs durables". 300 millions d'euros seront fléchés par la Banque européenne de l'hydrogène vers les carburants à base d'hydrogène pour l'aviation et le transport maritime.

Le fonds pour l'innovation investira 446 millions d'euros dans des projets de carburant synthétique pour l'aviation et le secteur maritime. Enfin, le programme scientifique Horizon Europe dépensera 133,5 millions d'euros pour développer la recherche et l'innovation sur ces carburants. Ce n'est qu'un début, continuons le combat.