
Selon une étude allemande, les stars de la chanson ont une espérance de vie 4,6 ans plus courte que celle de leurs homologues moins connus. Une carrière solo serait un facteur aggravant.
Avez-vous déjà rêvé d'être une star mondiale de la chanson ? Si vous n'avez pas encore atteint votre but ultime, consolez-vous: le revers de la médaille des carrières à la Taylor Swift ou Justin Bieber est sinistre, puisqu'il semblerait que la célébrité diminue leur espérance de vie. C'est en tout cas ce qu'affirme une étude récente menée par des chercheurs de l'université allemande Witten/Herdecke et rapportée par le quotidien anglais The Guardian.
La recherche a analysé les trajectoires de plus de 300 professionnels de la chanson ayant fait leur carrière aux États-Unis ou en Europe entre les années 1950 et 1990. Les résultats indiquent que ceux qui accédaient à la célébrité mouraient en moyenne près de cinq ans plus tôt que les moins connus, ce qui suggère que la célébrité elle-même, plutôt que le mode de vie et les exigences du métier, est un facteur déterminant.
Les chercheurs avancent également que les chanteurs célèbres ayant une carrière solo s'en sortent moins bien que les chanteurs leaders de groupes connus. Ceci s'explique probablement par une plus grande exposition médiatique, une pression accrue et un soutien émotionnel moindre face aux aléas de la célébrité.
«C'est inquiétant, car cela indique que les musiciens célèbres courent effectivement un risque de mort prématurée», affirme Michael Dufner, professeur de psychologie et principal auteur de l'étude. Il précise qu'en moyenne, leur espérance de vie est réduite de 4,6 ans, avant d'ajouter que chaque décennie a son lot de stars parties trop jeunes. Dans les années 2010 et pour ne citer que les plus connues, on retiendra par exemple Amy Winehouse, Whitney Houston, Prince ou encore George Michael.
La célébrité: un cadeau empoisonné ?
Afin de déterminer si la célébrité est bien un facteur influençant le risque de décès prématuré, Michael Dufner et ses collègues ont identifié 324 chanteurs célèbres et les ont comparés à des musiciens moins connus, du même âge, du même genre, de la même nationalité, de la même origine ethnique et appartenant au même genre musical. La plupart des chanteurs étaient alors des rockeurs blancs américains. Seuls 19% étaient noirs et 16,5% étaient des femmes. Le plus âgé était né en 1910 et le plus jeune en 1975. Enfin, plus de la moitié faisaient partie d'un groupe.
Une tendance claire s'est dégagée des conclusions de l'enquête: les chanteurs célèbres atteignaient généralement 75 ans, tandis que leurs homologues moins connus vivaient en moyenne jusqu'à 79 ans. Les résultats indiquent aussi que l'appartenance à un groupe est associée à un risque de décès inférieur de 26% par rapport à une carrière solo. Cependant, les chanteurs célèbres auraient tout de même 33% plus de risques de mourir pendant la période étudiée que leurs homologues moins connus.
Le risque accru de décès n'est apparu qu'après que les chanteurs soient devenus célèbres, renforçant ainsi la suspicion que la célébrité elle-même serait une cause de mort prématurée. Michael Dufner précise que de nouvelles recherches sont nécessaires afin de comprendre pourquoi la célébrité est corrélée avec une espérance de vie plus courte.
Le chercheur a cependant déjà quelques hypothèses. Selon lui, l'attention médiatique constante, la perte de vie privée, la pression de la performance et la banalisation de la consommation d'alcool et de drogues sont susceptibles d'avoir un impact. D'autres facteurs peuvent également entrer en jeu, comme le tempérament ou de mauvaises expériences vécues durant l'enfance, poussant des personnes déjà vulnérables à rechercher la célébrité.