ToutSurTout.biz
Essai d'un Porsche Boxster 3.2S, le roadster (trop ?) grand public


https://www.world-lolo.com/images/uploads/image.num1766087199.of.world-lolo.com.jpg



Oui le temps passe... et on persiste (après la Ferrari F430 si vous l'avez ratée). Certaines voitures qui semblent être des occases plus que des voitures anciennes commencent sérieusement à prendre de l'âge ! Vous saviez que dès l'an prochain certains Boxster passeront le cap des 30 ans ? La petite Porsche, si décriée mais si importante pour sa marque pourra prétendre au Certificat d'Immatriculation de Collection ! Du coup, il fallait qu'on se fasse une idée. Pour autant, on n'a pas choisi une des premières mais la plus puissante de la première itération, la Porsche Boxster 3.2S.

La Boxster 3.2S du jour.

Si notre voiture du jour n'a « que » 24 ans ce n'est pas le cas de sa ligne. Celle-ci est un peu plus vieille puisqu'elle découle directement du concept car Boxster dévoilé au salon de Détroit 1993 ! Encore une fois, ça ne rajeunit personne. On la doit à Grant Larson, un designer américain du bureau dirigé par Harm Lagaay qui est alors le designer de la marque qui a signé les récentes 993 et 968. L'inspiration viendrait des 356 Speedster et 550 Spyder.

Le conditionnel est de mise car notre auto qui tient son nom de la contraction de Boxer (l'architecture moteur du Flat 6) et de Speedster/Roadster (et comme ce sont des noms masculins cela explique qu'on parle d'un Boxster 3.2S) ne s'est pas vraiment affinée avant d'entrer en production en 1996 et n'a rien d'un revival néo-retro. Surtout, la face avant le différencie énormément de ses augustes devancières.

Cette face avant, elle va faire couler beaucoup d'encre. Notre Boxster 3.2S a beau avoir 8 ans de différence avec le concept initial, il n'a pas changé cette face avant. Ce qui peut poser problème ? Les feux. Même les PMA avaient des feux ronds sous leurs pop-ups ! Ces feux dénotent dans la gamme Porsche... au départ en tout cas puisque la Boxster apparaît alors que la marque de Stuttgart « vivote » avec la 993 au catalogue. Lorsque la 996 sort en 1997, elle reprend les feux du Boxster... mais les perdra en 2001 pour des feux « hybrides » avant que la 997 ne « revienne à la raison ».

En tout cas, ces feux confèrent une vraie personnalité à notre Boxster 3.2S, qu'on aime ou pas, et permettent de correctement le définir comme une auto de série 986. Sinon, on retrouve quand même des rondeurs, celles qui se sont imposées à l'avant des Porsche depuis la 993 et les entrées d'air placées sous la ligne de caisse sont également arrondies et plutôt soft. On joue sur la sensualité plus que sur l'agressivité... la marque visant alors clairement une expansion auprès d'une clientèle plus féminine.

Est-ce cette même volonté de changer en partie sa clientèle qui a fait rétrécir notre roadster ? La différence par rapport à la 996 n'est que de 9cm après tout. En tout cas le Boxster 3.2S n'a rien d'imposant.

Sur son profil on remarque également une ligne directrice clairement tracée depuis le haut des feux avant jusqu'en haut des feux arrières. C'est quasiment plat mais ça reste rebondi, loin d'une arrête de carrosserie quasiment artificielle. On note aussi que le pare-brise est bien incliné et que seule la prise d'air rompt la grande surface des portes et des ailes. Les ailes, d'ailleurs, ne sont pas rebondies façon bodybuilder, on a vraiment changé de style on vous dit !

À l'arrière, là aussi on a changé quelque chose à la signature classique des Porsche. Ce n'est pas le monogramme, notre Boxster 3.2S n'affiche pas sa cylindrée ni sa marque mais la typo est 100% Porsche. Non, on parle des feux. Ceux de la 996 seront différents dans la forme mais reprendront cet esprit. Surtout on a perdu le bandeau rouge transversal des précédentes 911.

L'arrière est globalement élégant. Avec le passage au moteur central, le porte à faux arrière se réduit tout en évoquant tout de même l'arrière arrondi classique des 911. Au-dessus et bien à plat, la malle s'étale jusqu'au couvercle de capote. Les sorties d'échappement sont au centre et dessinent un relief dans un bouclier qui n'affiche toujours pas d'agressivité. D'ailleurs, même le coloris Lapis Blue Metallic n'a rien de tape à l'œil et joue sur l'élégance plus que le m'as tu vu.

En bref ? Le Boxster 3.2S montre bien sa génération, une génération qui a vu Porsche oser s'affranchir de certains codes. Une stratégie finalement payante puisque malgré l'image qu'on eu certains de cette voiture, elle a permis à la marque de se relancer efficacement.

Technique : gros changements !

Pour une fois, pas de photo de moteur... on n'aurait pas vu grand chose de toute façon. Le Boxster 3.2S embarque donc un 6 cylindres à plat. Ne dites pas « normal pour une Porsche » et rappelez vous des PMA (et n'oubliez pas que la Cayenne apparaît l'année d'après la sortie d'usine de notre auto). D'ailleurs, on l'a dit, l'auto n'est pas une 911 au niveau de son architecture puisque le moteur passe au centre.

En tout cas le Boxster naît avec cette architecture mais limite la cylindrée à 2,5 litres pour 204ch. Une puissance modeste qui appuie l'envie d'en faire une Porsche utilisable au quotidien mais qui n'est pas à la hauteur du châssis. En 2000 il passe au 2,7 litres de 220ch tandis que notre Boxster 3.2S apparaît avec 252ch et 305Nm tout en gardant un poids réduit autour des 1400kg (selon les options).

Sur le Boxster 3.2S, le moteur peut être accolé à une boîte manuelle à 6 vitesses ou à la boîte Tiptronic. Celle-ci n'est pas récente et est apparue en 1990 avant d'évoluer. Elle peut être vue comme une boîte automatique mais combine en fait un convertisseur de couple et une boîte mécanique classique. On peut aussi la commander depuis le volant, sur le principe d'une boîte séquentielle. On note aussi que le Boxster a introduit une technologie chez Porsche, le PSM, un système de contrôle de trajectoire permettant d'influer directement sur les freins, roue par roue.

Dernier point sur la technique, notre Boxster 3.2S bénéficie du système de freinage de la 996 Carrera pour contrer l'augmentation de la puissance. On retrouve donc des disques ventilés et percés d'un diamètre « confortable ».

Intérieur : aux petits soins.

Oubliez la flamboyance et l'originalité. La Boxster 3.2S reste une Porsche et ce n'est pas vraiment ce qui prime à l'intérieur. D'ailleurs, on retrouve vraiment une ambiance Porsche en ouvrant la portière ou en tombant la capote.

Sur le Boxster 3.2S, les sièges en cuir sont de série. La configuration de notre auto les a fait noirs... ça n'apporte pas vraiment d'originalité. Par contre, pour le confort, on note qu'ils sont chauffants en plus d'être réglables électriquement. D'ailleurs, le Boxster 3.2S ajoute également la clim et les 4 airbags à ses équipements de série tandis que le pare vent transparent entre les arceaux était en option.

Si l'ambiance fait Porsche, on note quand même un élément qui différencie le Boxster de sa grande sœur 911 : l'instrumentation. On ne retrouve plus 5 compteurs mais 3. Le tachymètre est à gauche, doublant l'aiguille d'un affichage digital, le compte-tours est bien au centre avec l'odomètre en dessous et on retrouve à droite la température d'eau, la jauge à carburant et des diodes indiquant le rapport et le mode de fonctionnement de boîte utilisé.

On vous l'a dit, notre Boxster 3.2S est équipé de la boîte Tiptronic. Ses commandes se repèrent bien sur le volant à trois branches généralisé en 2000 (en option depuis 1998) tandis qu'on retrouve effectivement un levier très « boitoto » sur la console centrale.

L'ensemble n'est pas hyper accueillant mais on note qu'il a bien vieilli au niveau des matériaux et un peu moins au niveau du dessin qui nous ramène effectivement plus de 20 ans en arrière. Ah, autre chose, voilà une Porsche dont on n'a pas besoin de dire que les places arrières ne sont pas faites pour les adultes : elles sont totalement absentes.

Au volant du Boxster 3.2S.

Si l'intérieur n'est pas foncièrement accueillant visuellement, faut avouer qu'on s'y sent bien et qu'on trouve vite ses marques. Au pire, un coup de manette et le siège se règle. C'est beau le progrès, surtout quand ça marche encore longtemps après. Le moteur démarre. Comme pour la ligne du Boxster 3.2S, le flat 6 se fait plus policé. Rien d'extravagant, c'est à peine suggestif, histoire de montrer qu'on a 6 cylindres sous le capot (contrairement à des Boxster plus récents).

Pour le moment on va rester « bêtement » avec la Tiptronic en mode automatique. On s'attend au pire (et on vous renvoie là aussi à l'essai de la F430) mais on démarre tout en douceur. En ville ? Rien à redire. Il ne faut juste pas oublier que notre Boxster 3.2S a beau avoir l'âge de ses durites (et encore on n'espère pas) et que ce n'est pas une voiture très ancienne. Cela veut dire que la visibilité extérieure a commencé à se réduire, notamment avec une portière qui monte haut, mais aussi que la garde au sol a baissé et que la ralentisseurs ont fleuri.

On se sort pourtant facilement de cet environnement urbain. Le couple du moteur et la boîte font le job. Pas d'à-coup, de la douceur tant que le pied droit est au diapason et un régime moteur qui joue la modération... La Boxster 3.2S c'est vraiment une Porsche moderne. On ne dit pas que les Porsche anciennes ne sont pas polyvalentes, c'est un de leur points forts, mais on a fait un énorme pas en avant dans le domaine.

Heureusement la ville n'est qu'une étape. À Fontainebleau le rond-point séparant les N6 et N7 est un juge de paix pour savoir si une voiture peut détaler. Verdict ? Le Boxster 3.2S ne se fait pas prier et s'insère à la première sollicitation. Ensuite ? La route est d'une facilité déconcertante. Sans appuyer sur l'accélérateur on se retrouve vite à la limite. Ensuite la boîte se cale en 6e sans sourciller. Le son ? Quasiment inexistant surtout que la capote est toujours en place. Le confort est bon, le chauffage efficace en cette fin Novembre et puis on ne force pas assez pour embêter les freins et la direction. RAS quoi.

On teste un peu l'accélération. Oh, rien de bien méchant si ce n'est le petit temps de latence pendant lequel l'électronique décèle notre intention et tombe un rapport pour relancer efficacement. Ça fait le job mais on note bien que le mode manuel va devoir être testé pour la partie plus dynamique.

Au bout de quelques kilomètres, le Boxster 3.2S est à température et l'habitacle aussi. On voit même un peu de soleil. Allez, on est des fous, on tombe la capote. Sauf qu'on aurait peut-être du se renseigner avant. Appel à un ami plus tard... suffisait de déverrouiller manuellement avant d'appuyer sur le bouton. Et encore, on avait anticipé et on était bien à l'arrêt. Bon, l'opération n'est pas longue et le moteur n'a pas perdu en température. Comme la route qui s'annonce comporte son lot de virages, on va voir de quel bois se chauffe notre allemande. Alors, en plus, on prend le levier et on passe en mode manuel.

C'est parti. On débute au train histoire de se familiariser avec la boîte... et surtout son maniement. L'étagement n'est pas problématique mais il faut s'habituer à ne pas aller chercher les palettes derrière le volant et laisser faire les pouces. Ça fait plus jouet (voire bouton de volume d'autoradio) que voiture de sport, c'est vrai, mais ça marche. Donc cette fois, c'est bon.

Le pied droit écrase la pédale d'accélérateur, en seconde. Le moteur monte dans les tours. Son caractère reste onctueux. La poussée n'est pas énorme, la cavalerie du Boxster 3.2S reste modeste pour une voiture de sport. Néanmoins le tachymètre commence à s'affoler. L'accélération est très linéaire et puis arrive le moment où l'aiguille du compte-tours passe à la verticale. On est à 4000 tours et là, ça change. Le moteur pousse plus fort, il se libère. Là ça commence à causer, auditivement parlant aussi. Ce n'est pas comme un effet turbo mais on décèle un vrai changement et on passe le rapport supérieur en étant véritablement lancé.

Le hic ? La limitation de vitesse évidemment. En poussant ainsi le rapport on se retrouve très vite à aller trop vite ! La solution ? Elle approche, c'est un virage. Allez hop, freinage. Les gros disques de 996 font leur effet, la décélération est franche et à l'aide du pouce on tombe un rapport pour rendre le tout plus efficace. La corde arrive et le Boxster 3.2S enroule. C'est simple et c'est facile. La relance est immédiate et comme on a passé le virage à bon rythme, on est dans les tours « où ça va bien ». L'allemande bondit vers le prochain virage.

L'opération se répète. Le Boxster 3.2S ne perd pas en efficacité au niveau du freinage et la direction est toujours précise. Surtout, ce qui étonne... c'est qu'on est dans une Porsche et qu'on n'a pas besoin de surcharger le train avant pour que ça tourne comme ça le devrait. Le changement d'équilibre amené par le passage au moteur central gomme le caractère joueur mais procure une sensation de sécurité et de facilité que de nombreuses 911 auraient oublié depuis longtemps à ce rythme.

Ce rythme, oui, parce que ça va vite ! Le Boxster 3.2S n'a pas besoin de reprendre son souffle et enchaîne sans se poser de question. Le châssis est vraiment efficace. Les 204ch étaient très certainement insuffisants puisque les 252ch le sont presque. Je dis presque parce qu'on les apprécie MAIS parce que le châssis pourrait en accepter tellement plus ! Pourtant, même sur la phase 2 on s'est arrêté à 266ch et il a fallu attendre la 3e génération pour passer les 300ch sur les versions les plus « pointues ».

Le jeu se termine quand la route devient une bête nationale large comme une avenue. Le Boxster 3.2S redevient sage et se laisse emmener. À bord, tout le monde est chaud mais l'heure est plus à la conservation de ses 12 points. Alors on profite du confort. Parce que, oui, le Boxster 3.2S est aussi confortable !

Conclusion.

Ce n'est pas du tout une Porsche 911, le Boxster 3.2S, c'est autre chose. Certes, au niveau de la ligne et de beaucoup d'éléments on peut trouver une vraie parenté. Mais notre petit roadster à moteur boxer a su se placer intelligemment sur le marché. Moins performant, moins piégeur, plus sage d'apparence et de comportement, il est vraiment à la portée de tous les conducteurs... mais pourra tout de même aller vite. Côté plaisir ? On a vu mieux. C'est aussi le risque de faire une auto plus abordable.

On comprend que son succès commercial ait été réel et que ça ait aidé Porsche. En tout cas, pour une voiture de plus de 20 ans, on ne peut pas lui reprocher grand chose sur ses qualités intrinsèques. En bonus ? On parle du prix juste après !