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Patrick Bruel accusé de violences sexuelles par huit femmes, révèle “Mediapart”


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L'une était mineure au moment des faits qu'elle dénonce. Selon le site d'information, deux femmes ont porté plainte, l'une pour viol, l'autre pour tentative de viol. Le chanteur réfute ces accusations.

Le 12 mars, Daniela Elstner, directrice générale d'Unifrance (association chargée de la promotion du cinéma et de l'audiovisuel français à l'international), a porté plainte pour tentative de viol et agression sexuelle contre Patrick Bruel. Les faits, qui remonteraient à l'automne 1997, sont révélés aujourd'hui dans une enquête de Mediapart, pour laquelle ont été recueillis les témoignages de sept autres femmes. Toutes mettent en cause le chanteur pour des violences sexuelles subies entre 1992 et 2019. Des accusations que Patrick Bruel dément en bloc.

Daniela Elstner dénonce des actes qui seraient survenus en novembre 1997, à l'occasion du Festival du film français à Acapulco, au Mexique. Alors âgée de 26 ans, elle travaillait comme assistante chez Unifrance. Patrick Bruel, de son côté, était invité pour le film K. « En quelques secondes, alors que je travaillais, je me suis retrouvée dans la voiture, portes fermées, avec un homme qui me sautait dessus, m'embrassait de force, me déshabillait, me touchait la poitrine et le reste du corps », confie-t-elle. Elle ajoute que Patrick Bruel l'a ensuite emmenée dans sa chambre d'où, après s'être débattue et avoir hurlé, elle a fini par s'échapper. Si elle a longtemps gardé le silence, l'affaire Weinstein, les accusations de violences sexuelles portées contre le chanteur en 2019 et la prise de parole d'Adèle Haenel l'ont finalement encouragée à prendre la parole et porter plainte pour tentative de viol.

Mediapart rapporte également une enquête préliminaire pour viol, en cours au parquet de Saint-Malo. Les faits seraient survenus en octobre 2012 en marge du Festival du film britannique de Dinard, dont Patrick Bruel présidait le jury. Contactée dans le cadre de l'enquête, la plaignante n'a pas voulu s'exprimer publiquement.

Une plaignante mineure.

Les autres femmes dont les témoignages ont été recueillis œuvraient dans le secteur de la musique, du théâtre, du cinéma et du tennis. L'une d'elles avait 15 ans au moment des faits qu'elle dénonce. Bénévole au tournoi de tennis de l'US Open en 1992, cette fan du chanteur se rappelle l'avoir croisé alors en compagnie d'un entraîneur qu'elle connaissait. Et avoir d'abord été flattée qu'il lui propose de se promener avec lui. Mais le chanteur se serait ensuite jeté sur elle, l'aurait plaquée contre la paroi dans un ascenseur et aurait essayé de l'embrasser de force. « La langue d'un homme de 33 ans dans la bouche d'une fille de 15 ans, c'était choquant. Il me dégoûtait, je n'avais pas de désir pour lui, je n'arrivais pas à connecter l'image de gentille rock star et la bestialité que j'avais vue, l'idole et l'homme. Il avait un côté Dr Jekyll et Mr Hyde. »

Une autre femme raconte, après un premier rapport « consenti mais non désiré » à l'été 1999, avoir subi, en 2000, un viol au domicile du chanteur. Elle lui aurait signifié qu'elle n'avait « pas du tout envie », il aurait répondu que « lui, si » puis imposé une fellation dans son entrée. Interrogé sur l'événement, Patrick Bruel justifie une relation « épisodique et pleinement consentie » et « dément absolument l'existence de la scène ». En 2003, une autre femme, alors styliste de 26 ans, évoque un baiser forcé et des mains posées sur ses parties intimes, dans la loge du théâtre Le Limier, à Paris.

Contacté par Mediapart, Patrick Bruel réfute par la voix de son avocat Christophe Ingrain, « toute accusation de viol » et toutes « les allégations de violence, de brutalité ou de contrainte ». Il assure en outre « n'avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel ».

En 2019, cinq femmes travaillant comme masseuses dans des établissements de luxe avaient déjà accusé le chanteur de violences sexuelles. La procédure avait été classée en décembre 2020.