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Donald Trump invite les alliés dépendants d'Ormuz à acheter du pétrole américain


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Très attendue, l'allocution du président des États-Unis a surtout déroulé un récit de victoire, entre promesse de fin rapide, menaces de nouvelles frappes et message adressé aux alliés.

Donald Trump a traversé lentement le long couloir de la Maison-Blanche avant de s'installer à son pupitre. La séquence est solennelle, calibrée. Annoncée comme une « mise à jour importante sur l'Iran », l'allocution était très attendue. Mais le président américain n'a finalement livré aucun changement de cap clair.

Face aux caméras, il commence même ailleurs. Par l'espace. Il félicite les équipes de la mission Artemis II, salue des astronautes « courageux » et un vol « extraordinaire » qui a décollé quelques heures plus tôt. « Que Dieu les bénisse », lance-t-il. Puis, très vite, il bascule.

Un mois tout pile après le début de la guerre en Iran et de l'opération « Epic Fury », Donald Trump parle - encore - de victoire. « Nous avons infligé des victoires rapides, décisives et écrasantes. Des victoires comme peu de gens en ont vu », affirme-t-il. L'Iran est, selon lui, « décimé » : sa marine « détruite », son aviation « en ruines », ses capacités militaires « anéanties ». « Jamais dans l'histoire de la guerre un ennemi n'a subi des pertes aussi claires et dévastatrices en quelques semaines », insiste-t-il.

Ce récit, le président américain l'avait amorcé avant même son allocution. Quelques heures plus tôt, il assurait que Téhéran réclamait désormais une trêve. « Ils veulent un CESSEZ-LE-FEU », écrivait-il. Une affirmation immédiatement rejetée par les autorités iraniennes, qui dénonçaient des propos « faux ».

Malgré cela, Donald Trump maintient l'idée d'une issue rapide. « Nous sommes sur la bonne voie pour atteindre tous nos objectifs très bientôt », dit-il, promettant de conclure l'opération « dans deux à trois semaines ».

Mais dans le même souffle, il annonce l'inverse. « Nous allons les frapper extrêmement durement pendant les deux à trois prochaines semaines », prévient-il, affirmant vouloir « les ramener à l'âge de pierre ».

« Plus de pétrole que l'Arabie saoudite et la Russie combinées. »

Au fil du discours, Donald Trump élargit encore le tableau. Il vante la puissance militaire américaine, évoque des opérations menées ailleurs et insiste sur la domination énergétique des États-Unis. Grâce à son programme « Drill, baby drill » de forage et au Venezuela, « on produit plus que l'Arabie saoudite et la Russie combinées », affirme-t-il.

Les États-Unis, martèle-t-il, n'ont « pas besoin » du Moyen-Orient. « Nous n'avons besoin de rien de ce qu'ils ont », insiste-t-il. Et pour les pays dépendants du pétrole de la région, la consigne est claire. « Allez dans le détroit et prenez-le. Protégez-le. La partie difficile est faite, cela devrait être facile », lance-t-il à propos du détroit d'Ormuz. Avant d'ajouter : « Achetez du pétrole américain. Nous en avons largement assez. »

Dans le même temps, Donald Trump affirme que les États-Unis ont « toutes les cartes » et que l'Iran « n'en a aucune ». Il assure que les objectifs initiaux étaient limités, tout en reconnaissant qu'un « changement de régime » a eu lieu « parce que tous leurs dirigeants sont morts ».

Sur le terrain pourtant, les combats se poursuivent. Dans la journée de mercredi, l'Iran a mené de nouvelles frappes contre Israël et des bases américaines dans le Golfe, et les bombardements israéliens continuent.

Mais dans le Bureau ovale, le président américain campe une autre réalité. Celle d'une guerre déjà gagnée, dont il ne resterait plus, selon lui, qu'à « finir le travail ». Sans apporter, malgré l'attente suscitée, d'annonces réellement nouvelles sur la suite des opérations.

Portées par un espoir d'une désescalade, les Bourses européennes et Wall Street avaient terminé en hausse mercredi avant son discours. Mais après l'allocution, le baril de pétrole Brent, référence mondiale, est reparti à la hausse, au-delà des 105 dollars.

De son côté, Israël a également poursuivi ses bombardements, avec une « vague de frappes de grande ampleur » à Téhéran.