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Mettre du parfum dans le cou : les risques pour votre santé physique et mentale selon les experts


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De plus en plus d'influenceurs bien-être mettent en garde contre les effets nocifs des produits chimiques contenus dans les parfums. GQ fait le point sur une question bien plus complexe qu'il n'y paraît.

Nombreux sont les hommes qui s'appliquent du parfum dans le cou. Certes, c'est la garantie de sentir bon. Mais ce rituel quotidien pourrait bien être néfaste, ainsi qu'en attestent les alertes qui se multiplient sur les réseaux sociaux. Certains influenceurs bien-être indiquent en effet que les produits chimiques contenus dans ces produits se dirigent directement vers la thyroïde et perturbent les hormones. D'autres affirment que le cou est très vascularisé et que ces substances toxiques risquent d'être absorbées par le sang et de polluer le corps. Alors, votre parfum préféré vous met-il en danger, ou a-t-on affaire à une énième spirale TikTok sans lendemain ? GQ a fait appel à des experts pour mettre les choses au clair.

Parfum dans le cou : les risques.

L'idée qu'un peu d'eau de Cologne dans le cou puisse menacer la thyroïde a de quoi inquiéter. Mais cette assertion est scientifiquement erronée. “L'affirmation selon laquelle la thyroïde absorbe directement les substances chimiques des produits appliqués dans le cou n'est pas exacte d'un point de vue anatomique”, explique Erum Ilyas, MD, MBE, FAAD, dermatologue certifiée et titulaire de la chaire de dermatologie à la faculté de médecine de l'université Drexel. “La peau du cou est séparée de la thyroïde par de multiples couches de tissus, y compris des muscles ; il n'y a pas de voie directe entre la surface de la peau et la glande thyroïde.” Pour qu'une substance joue réellement sur la thyroïde, il faudrait qu'elle soit absorbée par la peau, qu'elle pénètre dans la circulation sanguine, puis qu'elle atteigne la thyroïde en tant qu'organe cible ; or, les choses ne fonctionnent pas de cette manière.

Cela ne signifie pas non plus que le cou est l'endroit idéal pour se pulvériser d'eau de Cologne. Tout d'abord, la peau du cou est plus fine et plus réactive qu'on ne le pense. “Si un premier contact peut ne pas provoquer de réaction, une vaporisation régulière peut, avec le temps, provoquer une sensibilisation et, à terme, une dermatite allergique de contact”, explique Jody Levine, docteur en médecine, dermatologue certifiée et directrice du service de dermatologie de Plastic Surgery & Dermatology of NYC. De plus, le cou est régulièrement exposé à la lumière du soleil, ce qui peut déclencher des réactions indésirables telles que l'hyperpigmentation.

Enfin, en vaporisant si près du visage, on risque d'inhaler du produit. Selon Andrea Gore, PhD, professeure de pharmacologie et de toxicologie à l'université du Texas à Austin, l'exposition nasale peut offrir une voie plus directe vers la barrière hémato-encéphalique via le système olfactif. Il convient donc d'être prudent.

Problèmes de sécurité liés aux parfums.

En réalité, les risques sont moins liés à l'endroit de la vaporisation qu'au contenu du flacon. Certaines formules de parfum contiennent des ingrédients qui présentent de potentiels effets perturbateurs sur le système endocrinien. Les plus surveillés sont les phtalates. “Les études scientifiques montrent que de nombreux phtalates sont des perturbateurs endocriniens, c'est-à-dire qu'ils peuvent interférer avec les hormones présentes dans l'organisme”, explique Andrea Gore. Ces hormones, dont la testostérone, les œstrogènes et les hormones thyroïdiennes, ont une incidence sur l'ensemble de l'organisme, du métabolisme à la fertilité en passant par la santé mentale. Les parabènes et les muscs synthétiques sont également à surveiller. Pour ne rien arranger, les termes “parfum” et “fragrance” sont des termes génériques dans les listes d'ingrédients ; les composants spécifiques, dont les perturbateurs éventuels, ne sont pas toujours mentionnés.

S'il est difficile de trouver des produits qui ne contiennent pas ces substances, certaines marques, dont notamment Henry Rose et Dedcool, affirment proposer des parfums sans perturbateurs.

Quand doit-on s'inquiéter ?

Il faut rester mesuré. Nous sommes exposés aux perturbateurs endocriniens via des tas d'éléments (meubles, aliments, pesticides), dont l'air que nous respirons. Le parfum ne représente qu'une part minime du risque. Toutefois, Andrea Gore indique qu'il vaut mieux rester prudent. “Bien qu'une petite quantité de parfum puisse ne pas sembler problématique, le corps est extrêmement sensible aux hormones naturelles”, explique-t-elle. “Même une petite exposition peut affecter notre système endocrinien, or, certaines personnes utilisent ces produits quotidiennement et s'exposent en permanence.”

Erum Ilyas ne considère pas le parfum comme une menace majeure. “S'il est vrai que les parfums ont été étudiés pour leurs effets perturbateurs sur le système endocrinien, les EDC sont généralement présents en faibles concentrations et considérés comme sûrs lorsqu'ils sont utilisés raisonnablement”, précise-t-elle. Tout dépend donc du degré d'exposition et d'absorption, poursuit-elle. En outre, une étude réalisée en 2025 souligne que les effets cumulatifs et à long terme des parfums “restent mal compris et insuffisamment pris en compte”. En d'autres termes, nous ne savons tout simplement pas dans quelle mesure l'eau de Cologne et le parfum nuisent réellement à la santé, ni dans quelle mesure il serait souhaitable d'éviter de les utiliser.

Encore une fois, le cou n'est pas plus à risque que tout autre partie du corps au plan hormonal. Au plan dermatologique, Jody Levine affirme que le poignet est souvent plus sûr, car il est plus épais et moins sujet à la réactivité. La vaporisation sur les vêtements est encore plus douce pour la peau.

Mettre du parfum dans le coup : l'essentiel à savoir.

Pour beaucoup de gens, le parfum est une signature. Si vous appliquez quotidiennement de l'eau de Cologne sur votre cou depuis des années sans effets secondaires, il n'y a pas lieu de paniquer. Vous n'êtes pas en train de saboter votre thyroïde. Mais si vous avez la peau sensible ou si vous essayez de réduire votre exposition globale aux produits chimiques, il peut être judicieux de repenser votre routine. Vous pouvez par exemple vaporiser un peu plus loin de vos voies nasales ou sur vos vêtements, ou envisager d'opter pour des formules plus “propres”.

L'exposition aux perturbateurs endocriniens étant omniprésente dans nos vies, il faudra repenser toutes vos habitudes pour en réduire les effets de manière significative. L'idéal est d'étudier en profondeur la composition des produits et de se tourner vers des labels garantissant un risque limité. On peut carrément opter pour des formules sans parfum afin de limiter tout danger potentiel.