
Une enquête menée par le réseau ICI et la Cellule investigation de Radio France révèle la présence de PFAS dans plus de la moitié des œufs testés. Sur les 91 échantillons analysés, 23 présentent également des teneurs supérieures aux seuils réglementaires de qualité.
Ils peuvent se retrouver dans l'eau, les sols et jusque dans notre alimentation. Et notamment dans les œufs, un aliment très présent dans les foyers français. Les PFAS, ces substances chimiques surnommées « polluants éternels » en raison de leur très grande persistance dans l'environnement, ont été détectés dans 52 des 91 œufs analysés dans le cadre d'une enquête publiée le 6 octobre. Cela représente 57 % des échantillons.
Des dépassements plus fréquents chez les particuliers.
Entre février et juin 2026, des œufs ont été prélevés partout en France avant d'être confiés au laboratoire agréé Labocéa. Tous provenaient de poules élevées en plein air. Un peu plus de la moitié, 54 %, venaient de poulaillers de particuliers, tandis que 46 % avaient été achetés dans le commerce. L'enquête ne permet donc pas d'estimer la proportion d'œufs contaminés parmi l'ensemble de ceux consommés en France.Les analyses ont porté sur quatre PFAS réglementés dans certaines denrées alimentaires d'origine animale. Parmi les échantillons testés, 23, soit 25 %, dépassaient les seuils réglementaires de qualité utilisés par les enquêteurs. Une dizaine présentaient des dépassements particulièrement importants, avec des concentrations totales comprises entre 3,3 et 5,7 microgrammes par kilo.
La présence de PFAS ne signifie toutefois pas qu'un risque immédiat existe après avoir consommé un œuf. C'est leur accumulation au fil du temps qui préoccupe les autorités sanitaires. Certains PFAS sont associés à des effets néfastes sur la santé, notamment sur le système immunitaire, la fertilité ou encore le risque de certains cancers. La situation diffère par ailleurs selon l'origine des œufs. Il n'existe pas de valeur limite applicable aux œufs produits par des particuliers. Dans certaines zones où une contamination aux PFAS a déjà été identifiée, notamment en Île-de-France et dans le Rhône, les autorités sanitaires ont déjà recommandé de ne pas consommer les œufs de poulaillers domestiques, en particulier pour les populations les plus fragiles.