Vous n'êtes pas identifié.
Pages: 1
Réponse : 0 / Vues : 18
La plus vaste étude à ce jour portant sur des personnes souffrant du syndrome d'auto-brasserie suggère que cette affection rare est liée à certaines bactéries en surnombre dans l'intestin.
Ivre sans boire une goutte d'alcool ? C'est ce que vivent les personnes qui souffrent du syndrome d'auto-brasserie, ou autofermentation. Même en cette période de Dry January, cette maladie intestinale rare, encore peu documentée, n'a rien d'enviable.
Elle se traduit par une transformation des sucres ingérés en éthanol et peut provoquer des problèmes digestifs, des lésions hépatiques, des troubles cognitifs et même des symptômes de sevrage. Une maladie d'autant plus difficile à vivre que, bien souvent, les patients ne sont pas pris au sérieux par leur entourage ou par les médecins, qui imaginent qu'ils boivent en cachette.
Mais quelle est la cause de cette production inhabituelle d'alcool éthylique dans le corps ? Des travaux parus le 8 janvier dans Nature Microbiology, conduits auprès de 22 personnes souffrant de ce syndrome - la plus vaste cohorte étudiée à ce jour - et d'un groupe de contrôle, confirment ce que certains supposaient : les principales coupables seraient des bactéries. Ainsi, précise Science : “L'étude laisse entrevoir de nouveaux traitements reposant sur une modification de la métabolisation de l'alcool par le microbiote intestinal.”
“Les chercheurs ont démontré que la maladie était due principalement à la fermentation bactérienne de l'éthanol”, confirme Jing Yuan, de l'Institut de pédiatrie de Pékin, qui n'a pas participé à ces travaux mais avait conclu, dans une étude parue en 2019, que le syndrome d'auto-brasserie pouvait être lié à des champignons, qui sont également des micro-organismes présents dans le corps humain, mais d'un autre type.
Traitement par transplantation de microbiote fécal.
Cependant, Bernd Schnabl, de l'université de Californie à San Diego, qui a piloté la nouvelle étude, prévient qu'il ne peut pas “exclure la possibilité que ce syndrome soit dû, chez certains patients, à la présence de levures et de champignons”. Mais chez les individus de la cohorte étudiée, les chercheurs n'ont pas trouvé de différences significatives concernant la présence ce type de micro-organismes par rapport au groupe de contrôle.
En revanche, ils ont découvert que la flore intestinale des personnes souffrant du syndrome d'auto-brasserie était caractérisée par une prévalence accrue de souches de Klebsiella, ainsi que de bactéries Escherichia coli, connues pour produire de l'éthanol mais qui n'étaient pas considérées jusque-là comme pouvant être impliquées dans la maladie.
Dans le cadre de l'étude, un patient a été traité avec succès par des cycles répétés de transplantation de microbiote fécal (TMF). Il s'agit d'une technique consistant à rééquilibrer le microbiote altéré en introduisant des selles d'un donneur sain, insérées dans une capsule, dans le tube digestif du patient receveur. Un essai clinique visant à tester les TMF pour ce syndrome est en cours d'élaboration.
“Malgré des conclusions solides, l'étude ne lève pas tous les mystères qui entourent ce syndrome”, constate pour sa part Jasmohan Bajaj, hépatologue et chercheur spécialisé dans l'axe intestin-foie à l'université du Commonwealth de Virginie. Il précise à la revue américaine qu'au cours de sa carrière il n'a diagnostiqué qu'un seul cas.
Surtout, les souches bactériennes mises en évidence dans l'étude ne sont pas l'apanage des personnes souffrant du syndrome d'auto-brasserie. “On ne sait toujours pas expliquer pourquoi tant d'individus vivent au quotidien avec ces bactéries sans développer le syndrome pour autant”, relève le chercheur. D'autres travaux permettront peut-être de lever le voile sur ces énigmes.



Réponse : 0 / Vues : 18
Pages: 1